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Crise intérieure #1

Mis à jour : avr. 7


Majeure et inédite, la crise sanitaire provoquée par le Coronavirus (Covid-19) bouleverse en profondeur nos habitudes de vie, nos certitudes mais aussi nos valeurs individuelles et collectives. "Crise intérieure" vise à permettre à chaque personne - confinée ou non, seule ou entourée, en campagne ou en ville - de partager son expérience singulière et subjective.

Ces témoignages reflètent un ensemble de réflexions et d'émotions exprimées à un instant T. Ici, on ne juge pas les peines, on ne se moque pas des joies, on ne compare pas les situations. On se contente simplement de les recueillir et de les accueillir.



Marie-Dominique - Professeur de danse #1



Garder des repères mais marquer la rupture avec hier

« Nous sommes le 23 mars. Le confinement a été mis en place il y a une semaine et pourtant il me semble que ça fait une éternité que l’on est à l’arrêt. C’est très étrange, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de mes repères.

Pour lutter contre cette sensation, j’essaie de m’astreindre à faire des choses aux mêmes horaires qu’avant. À l’heure où je partais habituellement donner mes cours de danse, j’arrête ce que je suis en train de faire, j’envoie un texto à chacune de mes élèves et j'improvise un cours en solitaire.

C’est comme un petit rituel. Mais je sens qu'il faut que j’en mette d’autres en place. J’ai besoin de faire quelque chose que je ne faisais pas avant. Au début du confinement, j'ai d'abord imaginé créer un immense calendrier remplit de petites cases blanches dans lesquelles je pourrais inscrire quelque chose de nouveau chaque jour. Finalement, je crois que je vais confectionner un patchwork, chaque carré de tissu correspondra à un jour de confinement. »

Réalité semi-réelle

« Pour l’instant, j’ai l’impression de ne pas réaliser complètement ce qui est en train de se passer, de ne pas prendre pleinement la mesure de la situation. Mais je pense que, à un moment donné, toute cette réalité va me tomber dessus. Quand je suis allée à la pharmacie samedi, les choses m’ont déjà semblé plus réelles. En voyant le parking presque désert, en découvrant les cartons qui avaient été installés pour ne pas que les clients s’approchent trop près du comptoir, j’ai pensé à la guerre.

D’ailleurs, parfois, j’ai presque honte de continuer à accomplir mes petites activités quotidiennes… Il se passe des choses terribles et je ne veux pas faire comme si ça n'existait pas. Mais, qu’est-ce que l’on peut faire, à part attendre ? »

Chants d'hommes ou chants d'oiseaux


« Je m’estime très privilégiée parce que j’habite à la campagne et, en cette saison, il y a plein de choses à faire dans le jardin. Malgré ça, j’ai l’impression de ne pas être pleinement présente à ce que je fais. La crise occupe en permanence une partie de mon esprit. Et puis, si la campagne a plein d’avantages, on peut aussi s’y sentir très isolé. Je ne suis pas confinée seule mais quand je vois des vidéos montrant les gens en ville qui se réunissent sur leurs balcons, ça me donne envie de partager la même chose...

Finalement, il faut toujours attendre d'être privé de quelque chose pour réaliser l’importance que ça avait dans notre vie ! »



Si vous souhaitez témoigner, partager des réflexions, des émotions, des situations ou tout simplement en savoir davantage sur le projet, n’hésitez pas à me contacter !

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